1931
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Sommaire
Événements[modifier | modifier le code]
- 20 juillet : conférence de Londres sur la situation monétaire et financière internationale.
Afrique[modifier | modifier le code]
- 19 mai : mission ethnographique et linguistique Dakar-Djibouti dirigée par Marcel Griaule. Michel Leiris en fait partie et écrira L’Afrique fantôme.
- 16 juillet : l'Empire d'Éthiopie adopte une constitution de type occidental.
- 16 septembre : exécution d'Omar al-Mokhtar ; son successeur dépose les armes six mois plus tard. Fin de la la résistance armée à la colonisation italienne de la Libye par les Senousis. Le 24 janvier 1932, le gouverneur Pietro Badoglio annonce que la Libye est conquise[1].
- 21 septembre : l’abandon par le Royaume-Uni de l’étalon-or provoque une monté en flèche des cours de l’or et accentue la demande des États-Unis sur le marché mondial. Les mines d’or d’Afrique du Sud tirent le reste de l’économie vers la reprise.
- Grève à l’UMHK au Congo belge.
- Création de l’Union des travailleurs nègres.
- Famine doa-jiire (année du criquet) au Sahel (1931-1932).
- Ordonnance sur l’Éducation au Kenya. Elle prévoit la possibilité de fermer toute école.
- La part de la France dans le commerce de l’Afrique-Occidentale française et de l’Afrique-Équatoriale française triple entre 1931 et 1939.
Amérique[modifier | modifier le code]
- 14 février : début de la dictature du général Jorge Ubico Castañeda au Guatemala (fin en 1944).
- 1er mars : Gabriel Terra, président en Uruguay.
- Victoire des colorados en Uruguay. Les secteurs patronaux s’organisent en un puissant comité de vigilance pour stopper les velléités réformatrices des Batllistes. Dans un contexte de crise économique, le président Colorado Terra, une fraction du parti Blanco et l’oligarchie réclament le retour au présidentialisme, tandis que les Batllistes et l’autre fraction du parti Blanco signent en septembre le pacto de chinchulín qui leur permet d’être majoritaires dans l’exécutif collégial.
- 5 mars : victoire de Daniel Salamanca Urey (en) aux élections en Bolivie. Homme fort au service de l’oligarchie, il attribue l’agitation sociale à la « propagande communiste étrangère ». Incapable de calmer le climat social et politique en dépit d’un sévère « loi de défense sociale », Salamanca détourne l’attention des Boliviens sur la rivalité du Paraguay au sujet du Chaco.
- 1er mai : inauguration de l'Empire State Building à Manhattan, New York
- 23 juin[2] : loi 83 reconnaissant aux travailleurs le droit de se syndiquer en Colombie.
- 27 juillet : à la suite de la crise économique, le général Ibáñez est contraint de démissionner au Chili sous la pression populaire. Neuf présidents se succèdent entre juillet 1931 et octobre 1932. Pendant la période, une République socialiste est proclamée et dure moins de trois mois.
- 11 décembre : le Parlement du Royaume-Uni reconnait la souveraineté totale des dominions, par le quatrième Statut de Westminster.
- 300 000 chômeurs au Mexique. Leur nombre passe à un million un an plus tard.
- Le Brésil produit 71 000 tonnes de fer.
Asie[modifier | modifier le code]
- 5 mars : le Mahatma Gandhi signe un accord avec le vice-roi des Indes, Lord Irwin, prévoyant la libération des prisonniers politiques et permettant que le sel soit librement utilisé par les couches les plus pauvres de la population.
- 4 avril : début de la croisière jaune, expédition organisée par Citroën entre Beyrouth et la Chine par la route de la soie.
- 14 avril : la démission du cabinet Osachi Hamaguchi au Japon met fin à une timide expérience de démocratie constitutionnelle.
- 27 avril : en Indochine française, fusion de Saigon et de la ville chinoise de Cholon, pour former l'actuelle Hô-Chi-Minh-Ville.
- Avril : scission dans le mouvement indépendantiste aux Indes orientales néerlandaises. Ceux qui restent fidèles au programme du PNI fondent le Partindo (Partai Indonesia). Sukarno les rejoint à sa sortie de prison en 1932. Estimant que toute action de masse est pour l’instant vouée à l'échec et que l'essentiel est de poursuivre un travail d'éducation, Sutan Sjahrir et le docteur Mohammad Hatta créent le Golongan Merdeka (Groupe indépendant), futur Club Pendidikan Nasional Indonesia (Club de l’éducation nationale indonésienne). Dans la même période, une scission se produit au sein du Sarekat Islam (PSII) : un groupe dirigé par le docteur Sukiman Wirjosandjojo et Abikusno Tjokrosujoso est surtout inspiré par des préoccupations religieuses et Hadji Agus Salim (en) fonde le Penjedar Barisan PSII.
- Juillet et août : crue du Yang-tse Kiang en Chine : les inondations font entre 145 000 et 4 000 000 de morts[3] et quelque 400 000 sinistrés.
- 7 septembre : incident de Wanbaoshan en Mandchourie (des policiers chinois tirent sur des paysans coréens).
- 18 septembre : incident de Liutianghu (les soldats chinois auraient saboté la voie ferrée et tiré sur les Japonais ; c'est en fait un coup monté). Les Japonais chassent Zhang Xueliang de Mandchourie.
- 19 septembre : les Japonais occupent Moukden.
- 25 septembre : conquête de la Mandchourie par le Japon.
- Septembre : Gandhi participe à la IIe Conférence de la Table ronde à Londres.
- 7 novembre : Mao Zedong proclame la République soviétique chinoise, dans le Jiangxi.
- 19 novembre : les Japonais entrent à Qiqihar, dans la sphère d'influence russe.
- 13 décembre : Tsuyoshi Inukai, Premier ministre du Japon (fin en 1932).
- Conflit armé entre le Tibet et la République de Chine. Le treizième dalaï-lama continue de gouverner le Tibet comme un État indépendant en tentant de s'appuyer sur le Royaume-Uni qui finalement promet beaucoup mais tient peu.
- Nouvelle constitution à Ceylan (Donoughmore Constitution). Autonomie interne de l’île et suffrage universel.
- L'Inde britannique compte 352,8 millions d’habitants.
Proche-Orient[modifier | modifier le code]
- Février : grâce à une active campagne d’opinion, les sionistes obtiennent la levée des restrictions à l’émigration et à l’achat de terres.
- 7 - 17 décembre : le mufti de Jérusalem Hajj Amin al-Husseini organise à Jérusalem un Congrès islamique qui réunit 145 délégués de 20 pays. Le congrès condamne le sionisme, demande l’arrêt de l’immigration juive et en appelle à la solidarité entre Arabes chrétiens et musulmans. D’autres résolutions condamnent la politique française au Maroc et la politique soviétique en Asie centrale.
- Fondation à Jérusalem du premier parti politique panarabe, l’Istiqlal, par des Syriens, des Libanais et des Palestiniens et des représentants du Maroc. Il fonde des branches dans tous les pays arabes. Il ne reconnaît pas les divisions territoriales issues des traités de l’après-guerre (les Arabes forment une nation une et indivisible) et revendique l’indépendance totale de la nation arabe, du Golfe à l’Atlantique.
- Décembre : élections en Syrie. Les Français multiplient les pressions sur les électeurs et les fraudes électorales. Une partie des modérés du Bloc national (Jamil Mardam Bey (en)) parvient à se faire élire. Le reste des sièges va à des collaborateurs des Français ou à des indépendants. Muhammad Ali al-Abid est élu président de la République avec le soutien du Bloc national (11 juin 1932). Le haut-commissaire Henri Ponsot tente ensuite de négocier la signature d’un traité (1931-1933).
- 1 033 314 d’habitants en Palestine mandataire, dont 174 606 Juifs.
Europe[modifier | modifier le code]
- 12 février : début de Radio Vatican inauguré par le pape Pie XI dont le premier émetteur est équipé par Guglielmo Marconi, l’inventeur de la radio. C’est la plus puissante radio à onde courtes.
- 28 février : Oswald Mosley quitte le parti travailliste du Royaume-Uni pour fonder le New Party, qui évolue rapidement vers le fascisme.
- 19 avril : gouvernement d’union nationale de Nicolae Iorga en Roumanie (fin en 1932).
- 6 mai : ouverture de l'Exposition coloniale internationale à Paris.
- 14 mai : le pape Pie XI condamne la mainmise du parti fasciste sur la jeunesse et publie l’encyclique Quadragesimo Anno sur les droits des travailleurs.
- 24 août :
- Départ de István Bethlen en Hongrie, alors que le pays est victime de la crise économique mondiale. Le comte Gyula Károlyi devient Premier ministre de Hongrie (fin en octobre 1932).
- Royaume-Uni : démission du gouvernement travailliste devant les critiques que suscite sa politique économique auprès de sa base. Constitution d’un gouvernement d’union nationale par le travailliste Ramsay MacDonald, Premier ministre du Royaume-Uni, qui est exclu du parti (fin en 1935).
- Août : 2,7 millions de chômeurs au Royaume-Uni.
- 31 août - 27 septembre : incident de Corfou entre l’Italie et la Grèce.
- 2 septembre : accord de compromis entre le Saint-Siège et le gouvernement fasciste du Royaume d'Italie : les activités politiques et syndicales de l’Action catholique sont interdites.
- 3 septembre : Alexandre Ier proclame la fin de la dictature et promulgue la nouvelle Constitution du Royaume de Yougoslavie. De fait, la dictature royale continue. Une majorité des groupes d’opposition boycotte les élections parlementaires qui suivent. Certains se radicalisent[4].
- 21 septembre : crise monétaire au Royaume-Uni. L’État est au bord de la banqueroute. Le Royaume-Uni abandonne l'étalon-or et dévalue la livre sterling de 30 %. Les exportations retrouvent leur compétitivité.
- 27 octobre (Royaume-Uni) : victoire des conservateurs au législatives avec 473 sièges.
- 5 décembre : La Cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou a été détruite par un ordre de Joseph Staline.
- 11 décembre : le Parlement du Royaume-Uni entérine la souveraineté législative des dominions, par le quatrième Statut de Westminster.
- 14 décembre : fondation du parti d’extrême droite Nationaal-Socialistische Beweging (NSB) aux Pays-Bas.
- Décembre : front de fer, regroupant socialistes, catholiques, syndicats, Bannière d’Empire contre les communistes et les nazis.
- Politique extérieure de « conciliation » (appeasement) pratiquée par le Foreign Office entre 1931 et 1939.
Allemagne[modifier | modifier le code]
- 28 mars : promulgation d'un décret d'urgence pour combattre les "débordements" politique[5]
- Mai : effondrement financier et économique de l’Allemagne et de l’Autriche. Les faillites du Kredit Anstalt de Vienne et celle de la Danatbank à Berlin déclenchent une véritable panique. En Allemagne, la production industrielle tombe à 53 % de son niveau de 1929. Le pays compte 4 744 000 chômeurs en mars, plus de 6 millions à la fin de l’année.
- 6 juin : l’Allemagne se déclare incapable de payer les réparations.
- 20 juin : moratoire Hoover qui propose un ajournement d’un an pour les dettes de guerre et les réparations.
- 9 juillet : Hitler rencontre le chef du parti nationaliste allemand, Alfred Hugenberg. Les deux hommes publient une déclaration selon laquelle leurs deux partis vont travailler ensemble au renversement du pouvoir en place.
- 10 octobre : Hitler rencontre pour la première fois le président Hindenburg.
- 21 octobre : les différentes organisations d’extrême droite constituent le front de Harzburg avec pour objectif d’abattre le régime républicain.
- Octobre : Second cabinet Brüning nommé par le président Hindenburg. Le gouvernement Brüning sauve les banques de la faillite par une série de mesures énergiques : mise des banques sous tutelle pour contrôler l’industrie, déflation, réduction des dépenses budgétaires, baisse des salaires, baisse générale des prix de 10 %.
Espagne[modifier | modifier le code]
- 12 avril : les républicains triomphent aux élections municipales dans les grandes villes, à la surprise générale. Le roi est désavoué. Le gouvernement abandonne le pouvoir.
- 14 avril : la république est proclamée et le comité révolutionnaire devient le gouvernement provisoire. Le modéré Alcalá Zamora inaugure le bienio réformateur. Le roi Alphonse XIII d'Espagne quitte l’Espagne pour l’exil, mais il n’abdique pas.
- 15 juin : le cardinal-primat Segura, qui s’est prononcé pour le retour du trône le 1er mai est expulsé.
- 28 juin : élections aux Cortès Constituantes. Majorité de républicains et de socialistes.
- 31 juillet : fin du gouvernement provisoire. Alcalá Zamora forme le gouvernement.
- En Octobre, la loi de défense de la république suspend certaines libertés constitutionnelles.
- 14 octobre : Alcalá Zamora démissionne pour protester contre les articles de la constitution et les violences populaires. L’intellectuel de gauche Manuel Azaña lui succède.
- 20 novembre : les Cortès déchoient le roi Alphonse XIII de la nationalité espagnole, confisquent ses biens et lui interdisent l’accès au territoire.
- 9 décembre : la constitution, élaborée sur le modèle de celle de la république de Weimar, proclame « une république démocratique des travailleurs de toutes les classes » et institue un parlementarisme absolu (chambre unique élue au suffrage universel). L’article 3 pose le principe de la séparation de l’Église et de l’État. Les écoles congréganistes sont fermées. L’ordre des Jésuites est dissout. Cent églises et couvents sont incendiés en 1931.
- 11 décembre : Niceto Alcalá Zamora est élu président de la République.
Chronologies thématiques[modifier | modifier le code]
Naissances en 1931[modifier | modifier le code]
Décès en 1931[modifier | modifier le code]
Notes et références[modifier | modifier le code]
- Albert Adu Boahen, Histoire générale de l'Afrique : L'Afrique sous domination coloniale 1880-1935, vol. 7, UNESCO, 1989 (ISBN 9789232024992, présentation en ligne)
- Gerencie.com | Asociaciones mutuales
- 1931 China floods
- Olivier Delorme, La Grèce et les Balkans, vol. 2, Gallimard (ISBN 9782072488450, présentation en ligne)
- Ian Kershaw, Hitler, Flammarion, coll. « Grandes Biographies », 2008 (ISBN 978-2-0812-5042-0), p. 264